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CONSEILS — 07

Du gypse de Montmartre à la plaque de plâtre : une courte histoire

Le plâtre de vos murs a une histoire parisienne. Elle commence avec le gypse extrait sous Montmartre et sous les Buttes-Chaumont, bien avant la plaque vissée sur des rails. Ce guide suit quatre repères, du « plâtre de Paris » au brevet de 1894 et à la marque Placoplatre en 1946, et dit ce que le métier d'aujourd'hui en a gardé.

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Le gypse sous Paris : Montmartre et les Buttes-Chaumont

Le plâtre commence par une pierre, le gypse. C'est une roche tendre et claire, que l'on raye à l'ongle. Elle est née de l'évaporation d'anciennes eaux marines, bien avant que la ville n'existe. Le sous-sol du nord de Paris en est riche.

Pendant des siècles, les Parisiens l'ont extrait sur place. La butte Montmartre et les hauteurs des Buttes-Chaumont étaient des carrières, à ciel ouvert comme en galeries. La pierre partait vers des fours, où elle était cuite, puis broyée. Le plâtre obtenu servait aux enduits, aux plafonds, aux moulures et aux façades de la capitale.

Au XIXe siècle, la ville a rattrapé ses carrières et s'est construite par-dessus. Elles ont fermé l'une après l'autre, et les Buttes-Chaumont sont devenues un parc. L'extraction du gypse s'est alors éloignée de la capitale, sans quitter la région.

Le « plâtre de Paris », une expression qui a voyagé

La qualité et l'abondance du gypse parisien ont fait la réputation du matériau. En anglais, on dit encore plaster of Paris pour désigner le plâtre fin, et l'expression a son équivalent dans d'autres langues. Peu de matériaux de construction portent ainsi le nom d'une ville.

Le principe de fabrication est resté le même. On chauffe la pierre, qui perd une partie de l'eau contenue dans sa structure, puis on la réduit en poudre. Au moment de l'emploi, cette poudre mélangée à l'eau reprend ce qu'elle a perdu et durcit. Le plâtre refait le chemin inverse de sa cuisson.

Cette prise rapide a nourri le savoir-faire des plâtriers parisiens : enduits, corniches, moulures, plafonds. Le plâtre a une autre qualité : il ne brûle pas. Chauffé, il libère l'eau qu'il contient et ralentit la progression du feu. C'est l'une des raisons de son usage ancien sur les façades parisiennes. Les plaques « feu » d'aujourd'hui tirent parti de la même propriété.

1894 : Augustine Sackett et la première plaque

Pendant longtemps, le plâtre se pose à la truelle, sur un lattis de bois ou sur la maçonnerie. C'est un travail humide, lent à sécher, qui demande des mains exercées. L'idée d'une plaque sèche, fabriquée en usine et posée en quelques gestes, naît de l'autre côté de l'Atlantique.

En 1894, l'Américain Augustine Sackett dépose aux États-Unis le brevet d'un panneau fait de couches de plâtre et de papier. Le panneau est régulier et facile à couper ; il se transporte et se stocke à plat. La plaque moderne, un cœur de plâtre entre deux parements de carton, en descend directement.

Ce changement de matériau est aussi un changement de métier. Le plâtrier gâche et étale ; le poseur de plaques mesure, coupe et fixe. Le chantier devient plus sec et plus rapide, et le résultat dépend moins de la main qui enduit. Les joints entre les plaques, eux, restent à traiter : c'est tout l'objet des bandes, joints et finitions.

1946 : la marque Placoplatre naît en France

En France, la plaque se répand après la guerre. La marque Placoplatre est créée en 1946, dans un pays qui a des quartiers entiers à reconstruire. Un matériau sec, livré en grands formats et prêt à poser, répond à ce besoin.

Le nom connaît ensuite un destin rare : il devient un mot. On ne dit plus « une plaque de plâtre », on dit « du placo ». Sur nos chantiers d'Île-de-France, presque tous les clients emploient ce mot, quelle que soit la marque posée. Placo® est aujourd'hui une marque du groupe Saint-Gobain ; Knauf et Siniat fabriquent aussi des plaques de plâtre, dans les mêmes formats.

Le plus courant est la plaque de 1,20 sur 2,50 m, épaisse de 12,5 mm : la BA13. « BA » signifie bords amincis, car les deux bords longs sont creusés pour recevoir la bande et l'enduit ; « 13 » rappelle l'épaisseur arrondie. Des plaques spécialisées sont venues ensuite : hydrofuge pour les pièces humides, phonique, feu, haute dureté. Un autre guide explique quelle plaque de plâtre choisir pièce par pièce.

Le placo aujourd'hui : un matériau et un métier

Le plaquiste est l'héritier de cette histoire. Il n'étale plus le plâtre à la truelle, mais il travaille le même matériau sous une autre forme. Il monte d'abord une ossature métallique : des rails au sol et au plafond, des montants verticaux tous les 60 cm, de sorte qu'une plaque de 1,20 m repose sur trois montants. Les plaques sont ensuite fixées par des vis à tête trompette, puis chaque joint reçoit une bande et plusieurs passes d'enduit.

Trois ouvrages reviennent sur presque tous nos chantiers : la cloison qui crée ou sépare une pièce, le doublage qui habille et isole un mur existant, le plafond suspendu sur fourrures. Le guide cloison, doublage ou faux plafond les décrit un par un. La pose des plaques de plâtre est encadrée par le DTU 25.41, le document technique de référence du métier. Nos prix au m² pour chacun de ces ouvrages sont annoncés sur la page d'accueil.

Le résultat attendu porte un nom : « prêt à peindre ». Une surface plane et dépoussiérée, où le joint ne se devine pas sous une peinture mate. C'est là que le plaquiste rejoint le plâtrier d'autrefois. La plaque a changé la vitesse et la propreté du chantier ; le regard porté sur un mur fini, lui, n'a pas changé.

Quatre repères suffisent à retenir cette histoire.

Quatre repères de l'histoire du plâtre et de la plaque de plâtre
RepèreÉpoqueCe qui change
Gypse parisienJusqu'au XIXe siècleMontmartre et les Buttes-Chaumont sont des carrières à plâtre.
« Plâtre de Paris »Expression ancienneLe plâtre fin prend le nom de la ville, jusque dans d'autres langues.
Première plaque1894Augustine Sackett brevette aux États-Unis un panneau de plâtre et de papier.
Placoplatre1946La marque est créée en France. Son nom devient le mot courant « placo ».

Trois questions fréquentes

Le placo est-il du plâtre ?

Oui. Une plaque de plâtre est un cœur de plâtre coulé entre deux parements de carton, qui lui donnent sa tenue et sa surface lisse. Le matériau est le même que celui des enduits traditionnels, mis en forme en usine.

Reste-t-il des carrières de gypse en Île-de-France ?

Oui. Les carrières de Paris ont fermé au XIXe siècle, mais le gypse est toujours extrait dans la région, à distance de la capitale. Le plâtre reste un matériau d'Île-de-France.

Pourquoi dit-on « placo » ?

Du nom de la marque Placoplatre, créée en 1946 et passée dans le langage courant. Le mot désigne aujourd'hui toute plaque de plâtre, quel que soit le fabricant. Sur nos devis, nous écrivons le type de plaque et son épaisseur, jamais seulement « placo ».

Devis gratuit

Vous préférez confier le chantier ?

Un plaquiste mesure, chiffre et pose lui-même. Rappel en 5 min (8 h – 19 h), métré gratuit sous 24 h, prix au m² annoncés avant la visite, chantier rendu propre chaque soir.